
LE MONDE | 01.11.06 | 16h58 : Persuadé que "le flux en faveur de Ségolène Royal s'est complètement tari", que "le reflux" est engagé et que "le doute sur le fait qu'elle puisse gagner s'est instillé" dans les esprits, Dominique Strauss-Kahn se démultiplie dans la dernière ligne droite. En espérant que celle-ci ne s'achève que le 23 novembre, date de l'éventuel second tour de scrutin pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle. Avant de rentrer à Paris, mardi 31 octobre, pour participer à l'émission de Marc-Olivier Fogiel - "T'empêches tout le monde de dormir", sur M6 -, l'ancien ministre de l'économie a sillonné le Pas-de-Calais.
Depuis que le régional de l'étape, Jack Lang, a jeté l'éponge - sans faire connaître, pour l'heure, sa préférence -, la deuxième fédération du PS est un enjeu de taille que se disputent les candidats restés en lice. Fort du soutien que lui a manifesté "à titre personnel" le premier secrétaire de la fédération, Serge Janquin, "DSK" s'est rendu à Boulogne-sur-Mer, Béthune et Bruay, avant d'achever son périple par une réunion publique à Libercourt. Devant quelque 300 militants rassemblés en cet ancien coeur du bassin minier, l'ancien ministre s'est efforcé de donner un accent plus social à son propos. Se disant soucieux de "représenter la France de ceux qui souffrent, des chômeurs, des précaires, de ceux qui travaillent dur", "DSK" n'a pas manqué, sur ce terrain, de relativiser les propositions de Ségolène Royal en matière de démocratie participative. "Bien sûr, c'est utile, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond : les problèmes sociaux et économiques, les problèmes du chômage et de la précarité", a-t-il relevé. "Ma priorité, elle est claire. C'est l'économie pour servir le social", a-t-il insisté, résumant en ces termes son projet : "Ma ligne politique, c'est la social-démocratie, avec le social comme objectif et la démocratie comme méthode."
M. Strauss-Kahn est venu avec une promesse, le "plein emploi dans moins de dix ans". "On me regarde et on me dit : "Attends, on ne peut pas faire cela". Moi, je dis que nous pouvons le faire", a-t-il ajouté, en misant sur le retour de la "confiance". Cela posé, "DSK" s'est surtout employé à prévenir les doutes hérités de profondes désillusions passées. "Je ne me satisfais pas de ce que la gauche ait été élue trois fois, et que trois fois, cinq ans après, les électeurs nous aient dit "Rentrez chez vous !", a souligné M. Strauss-Kahn, pour appuyer son plaidoyer en faveur d'une "gauche qui dise la vérité". Ces déclarations d'intention n'ont pas convaincu tout le monde.
"Peut-on faire une politique socialiste avec une économie libérale ?", l'a interrogé un "ouvrier d'Hénin-Beaumont", en rappelant l'ampleur des dénationalisations et délocalisations intervenues sous le gouvernement de Lionel Jospin. "Il faut faire avec l'économie de marché. Moi, je n'en ai pas d'autre", a répliqué "DSK". Avant d'assurer, toutefois, que la gauche pourrait s'employer à la "transformer".
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