PARIS, 2 nov 2006 (AFP) - Dominique Strauss-Kahn (PS) a estimé jeudi qu'il
n'était pas nécessaire de modifier le dispositif légal pour condamner les
mineurs coupables de violences, contredisant le ministre de l'Intérieur
Nicolas Sarkozy qui veut juger les mineurs récidivistes comme des majeurs.
Evoquant le drame de Marseille, le candidat à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle a estimé qu'il n'y avait "aucune raison d'avoir la moindre faiblesse dans les sanctions lorsqu'on aura trouvé les fautifs".
"Mais aujourd'hui le dispositif légal permet de condamner les jeunes de moins de 18 ans (...) Je ne crois pas qu'il faille fuir systématiquement dans la modification de la loi pour essayer d'excuser le fait que notre société devient plus violente", a-t-il ajouté sur France-Info. M. Sarkozy a réaffirmé lundi soir que "les mineurs multirécidivistes entre 16 et 18 ans devaient être punis comme s'ils étaient majeurs", ce qui reviendrait à changer la loi.
Cinq mineurs ont été interpellés après l'incendie criminel d'un bus à Marseille samedi, dans lequel une jeune femme a été grièvement brûlée. Evoquant la volonté de Dominique de Villepin de criminaliser spécifiquement les "guet-apens", il a de nouveau estimé que la législation existante suffisait.
"Chaque fois qu'il y a un problème nouveau, on voit apparaître une qualification judiciaire nouvelle, mais on peut déjà tout à fait condamner, et il faut le faire évidemment, les personnes qui mettent au point ces guets-apens à partir de la législation qui existe sur les bandes organisées". "Ce n'est pas parce qu'on invente une qualification nouvelle qu'on résout le problème.
Il y a là des effets d'affichage que je trouve détestable", a-t-il ajouté. "Ce que je demande au gouvernement c'est de faire son travail (...) Ce n'est pas à chaque fois d'essayer de se défausser en disant que c'est parce qu'il n'existe pas telle ou telle qualification judiciaire", a-t-il poursuivi.
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