STRASBOURG, 4 nov 2006 (AFP) - Dopé par sa remontée dans les sondages et
convaincu que les "lignes bougent" en sa faveur au sein du PS, DSK s'est affirmé samedi à Strasbourg devant quelque 700 militants
"enthousiaste" et "déterminé" à gagner l'investiture de son parti pour 2007.
"La démocratie interne au PS fait bouger les lignes", a affirmé l'ancien ministre, qui table sur un second tour de scrutin le 23 novembre qui l'opposerait à Ségolène Royal. Il n'exclut pas d'en sortir victorieux.
"Le vote dans quelques jours (le 16 novembre) est très ouvert et va ouvrir la voie vers un deuxième tour, qui est également très ouvert", a-t-il estimé en rejetant l'argument de Mme Royal selon lequel un deuxième tour affaiblirait le PS. "Le deuxième tour renforce le PS, cela prouve qu'il y a une vraie démocratie" interne, a-t-il dit. "Les derniers jours de la campagne sont décisifs", a ajouté le député du Val d'Oise qui enchaîne les meetings à douze jours du scrutin.
"Je suis très enthousiaste car l'enjeu est formidable" et "je suis déterminé car je porte une voix originale" dans la gauche, a-t-il dit en soulignant sa volonté d'aller jusqu'au bout de la bataille des primaires. Dans un discours fleuve, devant un public attentif, qui l'a ovationné à la fin du meeting, dans le Palais de la musique et des congrès, il a égrené les grands axes de sa politique, réitérant sa priorité qui est de "répondre aux questions économiques et sociales" qui "taraudent les Français".
Critiquant Ségolène Royal qui entend "sévir" contre les jeunes délinquants "dès la première incartade", DSK a expliqué que "les questions économiques et sociales sont à l'origine du comportement des délinquants". Cela n'empêche pas "la nécessité de sanctions" mais il faut "diagnostiquer pour éradiquer" la délinquance, a-t-il dit.
Entouré du sénateur maire PS de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, et de deux députés européens, Catherine Trautman et Pierre Moscovici, l'ancien ministre a mis en avant son credo européen, s'engageant, s'il est investi par le PS et élu par les Français, à relancer "la construction européenne" et à "rehausser le statut de Strasbourg comme capitale européenne", promesse chaudement applaudie par la salle.
La région ne lui est pourtant pas acquise puisque les premiers fédéraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin sont favorables à Ségolène Royal. Mais, a-t-il souligné, les militants ne suivront pas des injonctions: "ils réfléchiront et choisiront", a-t-dit, en affirmant que depuis le début des débats internes nombre de militants "ont modifié leur vote" en sa faveur.
L'ancien ministre n'a pas oublié de lancer une pique dans le jardin de son autre concurrent, Laurent Fabius, à qui il a reproché implicitement de faire des promesses intenables. "La gauche doit revoir ses rapports avec la vérité et ne pas faire des promesses qu'elle ne peut pas tenir", a-t-il averti.
"La hausse du SMIC à 100 ou 200 euros, et pourquoi pas plus", a-t-il ironisé alors que l'ancien Premier ministre a promis de relever le salaire minimum de 100 euros immédiatement.
Selon DSK, c'est "en raison des promesses non tenues" que la gauche a perdu le pouvoir à trois reprises depuis 1981.
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